L’austérité budgétaire, le manque de moyens humains et la privatisation de la santé sont des barrières à l’accès aux soins. Les communes doivent pouvoir, à leur échelle, défendre la santé publique et collective. Une attention particulière doit être portée à la santé mentale de la population lilloise.
Grande mesure : En lien avec les pôles ressources santé et les associations, favoriser l’implantation de centres de santé pluridisciplinaires municipaux ou communautaires à tiers payant intégral, au sein de “Maisons de l’écologie sociale”, lieux de vie communalistes regroupant les services publics.
Prévention
- Mettre en place, en lien avec les associations spécialisées, des espaces ou des équipements mobiles de consommation à moindre risque pour renforcer le suivi sanitaire et social des usager·ères de drogue, réduire les pratiques et les consommations à risque concernant toutes les drogues et mener l’évaluation de cette politique publique. Ces dernières seront également des points d’entrée vers des services médicaux et sociaux.
- Former massivement la population et les personnes travaillant à Lille aux premiers secours.
- Créer une carte des défibrillateurs de la ville afin de faire connaître les lieux où ils se trouvent.
- Adopter un plan canicule recensant et prévoyant des lieux d’accueil adaptés, notamment pour les personnes vulnérables (personnes âgées, jeunes enfants, femmes enceintes, personnes en situation de handicap, sans domicile fixe…) ; prévoir des points d’eau potable dans tous les lieux publics de la commune, ouvrir les parcs et jardins de manière étendue.
- Soutenir et faire connaître le Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic de Lille (CeGIDD).
- Repenser un nouveau contrat local de santé pour y articuler les politiques publiques de santé (prévention, santé communautaire, santé mentale, sport santé, accès aux droits, plan alimentation, éducation à la santé…).
- Lutter contre les fermetures de services hospitaliers, de lits, et globalement contre la baisse des moyens dans le milieu hospitalier.
Favoriser l’accès à la santé
- Rouvrir des bains-douches publics sécurisés aux horaires d’ouverture étendus accessibles à toutes et tous, ouvrir les vestiaires des gymnases et stades pour faciliter l’accès à l’hygiène gratuitement et ouvrir des WC gratuits dans la commune.
- Soutenir et faire connaître l’action des pôles ressources santé de Lille présents dans 5 quartiers : Lille-Sud, Moulins, Wazemmes, Faubourg de Béthune et Fives.
- Soutenir la Maison des ados de Lille et mettre en place plus d’espaces de santé dédiés aux jeunes proposant des consultations de prévention gratuites et anonymes.
- Faire connaître et favoriser l’accès à la “Mutuelle pour tous”, qui s’adresse à toutes les personnes habitant ou travaillant sur les communes de Lille, Lomme et Hellemmes.
- Soutenir le Planning Familial.
- Au niveau métropolitain, mettre en œuvre des projets alimentaires territoriaux pour favoriser la production et la consommation de produits locaux et de qualité, en associant agriculteur·rices, communes rurales et urbaines, organismes de recherche, acteur·rices de l’ESS, associations, etc.
- Les habitant·es réuni·es en Assemblées populaires contribuent par leurs délibérations aux Projets Alimentaires territoriaux mis en œuvre au niveau métropolitain.
Santé mentale
- Soutenir et donner des moyens aux conseils locaux en santé mentale présents sur Lille, Lomme et Hellemmes : le Conseil lillois de Santé mentale (Lille et Lomme) et le Conseil intercommunal de Santé, Santé Mentale et Citoyenneté, présent à Hellemmes.
- Aider à développer la participation des usager·ères et des aidant·es dans les CLSM lillois.
- Mettre en place un dispositif d’observation local en santé mentale, en lien avec les CLSM, les associations locales et autres structures pertinentes. Monter un conseil scientifique ou groupe de travail dédié pour suivre les indicateurs, analyser les données et formuler des recommandations régulières.
- Intégrer un axe “Santé mentale” dans les diagnostics locaux de santé, de jeunesse, de logement, de précarité et de sécurité.
- Mener un recensement des ressources locales en santé mentale, en lien avec les acteur·rices sanitaires et sociaux·ales. Puis diffuser ces ressources.
- Développer, soutenir et faire connaître les Espaces Écoutes Santé, notamment dans les quartiers populaires.
- Lancer un plan de formation des agent·es municipaux·ales à la santé mentale (repérage des signaux faibles, posture non discriminante, orientation) et les former aux Premiers Secours en santé mentale. Cibler en priorité les maillons essentiels de la chaîne de prévention, tels que les travailleur·ses sociaux·ales, policier·ères municipaux·ales, personnels des foyers, crèches, écoles, médiathèques…
- Soutenir l’organisation et faire connaître les semaines d’information sur la santé mentale (SISM) et développer toute l’année des actions d’aller-vers sur ces thématiques.
- Inciter les espaces municipaux (médiathèques, centres sociaux, etc.) à intégrer des actions en santé mentale (animations, rencontres, permanences…).
- Encourager les clubs sportifs et associations à inclure un volet santé mentale dans leurs événements et leurs activités.
- Favoriser les supports de sensibilisation en santé mentale dans la communication et l’affichage municipal.
- Construire des programmes de logements passerelles et inclusifs ciblés pour les personnes en souffrance psychique.
Lutte contre les addictions
- Développer des campagnes de prévention et de sensibilisation aux dangers des addictions : tabac, drogues, alcool, jeux, en lien avec les associations locales.
- Mettre à disposition du matériel stérilisé afin de réduire les risques d’infections pour les personnes ayant une addiction.
- Proposer un plan de prévention des conduites addictives, de réduction des risques et dommages et de soin aux personnes dépendantes : psychologie, logement, substitution, accès aux soins primaires, soutenir et développer les structures spécialisées (CSAPA, CAARUD, etc.) en collaboration avec les associations et le ministère de la santé ; sensibiliser les consommateur·rices aux impacts de leur consommation sur la tranquillité et la sûreté.