Commencer la bifurcation écologique

Grande mesure : Faire de la friche Saint-Sauveur le deuxième poumon vert de Lille et développer des espaces de nature en ville dans tous les quartiers. C’est une revendication d’intérêt général et de justice sociale : 79 % des habitant·es des quartiers populaires en France estiment qu’il est prioritaire d’accorder plus de place aux espaces verts et à la végétalisation dans le quartier dans lequel ils vivent.

La ville de Lille est confrontée tout au long de l’année aux conséquences du dérèglement climatique. Nous vivons dans une ville minérale, ne comportant que 17 m² d’espaces verts par habitant·e, dense, au cœur d’une métropole très peuplée. Cela contribue au phénomène d’îlots de chaleur urbains. Nous sommes confronté·es aux phénomènes de bouilloires, mais aussi aux passoires thermiques rendant les hivers de plus en plus rudes pour les plus précaires. La métropole de Lille connaît de nombreux pics de pollution et un air de mauvaise qualité. Des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents touchent le département du Nord et affectent la ressource en eau de la MEL, qui contient neuf polluants éternels, dont deux qui sont cancérigènes. Il est temps de planifier la bifurcation écologique à l’échelle locale !

Commencer la bifurcation écologique

  • Faire un état des lieux de l’empreinte écologique et climatique de la commune : état des lieux des sources d’émissions de gaz à effet de serre, des pollutions, de la production de déchets, de l’état de la biodiversité et de l’artificialisation des terres. La mesure fournira un diagnostic complet, indispensable pour identifier précisément les priorités environnementales locales (principales sources de pollution, zones à protéger, secteurs à fort impact climatique). À court terme, elle sensibilisera et mobilisera la population, favorisant une culture commune d’engagement écologique. Elle permettra une planification précise et efficace des actions futures (mobilité durable, réduction des déchets, protection des espaces naturels). À long terme, la commune disposera d’indicateurs clairs pour évaluer les progrès réalisés, augmentant ainsi la transparence, la crédibilité de l’action municipale et l’accès à des financements extérieurs (ADEME, OFB).
  • L’action communale prendra appui sur une planification pluriannuelle des politiques publiques : préservation des ressources naturelles, des biens communs, objectifs de réduction de l’empreinte écologique communale.
  • Faire de la presqu’île Boschetti un espace de nature en ville et la protéger, ainsi que la pointe des Bois-Blancs, de l’appétit des promoteurs immobiliers.
  • Faire un moratoire sur le grand projet des rives de la Haute-Deûle et lancer une réflexion sur l’avenir du projet.
  • Préserver la friche Mossley des constructions (Lomme).
  • S’opposer à la bétonisation de la friche Quebecor H2D (Hellemmes)
  • Nommer un·e Adjoint·e à la politique municipale de chaleur et de la fraîcheur.
  • Développer la Maison de l’Habitat durable et l’accompagnement des particulie·ères pour la rénovation thermique de leur logement : montage de dossiers, recherche de subventions et si possible versement d’un complément financier.
  • Évaluer la pollution des sols et planifier leur dépollution en partenariat avec l’Etat, les entreprises polluantes, l’ARS, et les habitant·es concerné·es.
  • Abandonner les régimes carnés et proposer exclusivement des régimes alimentaires végétariens dans les buffets des réceptions officielles de la ville pour le mandat 2026-2032. 

Réduction des Gaz à effet de serre

  • Étendre la gratuité des transports en commun en commençant par les étudiant·es et les séniors précaires.
  • Renforcer la desserte et la densité des réseaux de transports en commun pour favoriser les modes de déplacement les moins polluants.
  • Mettre en place un véritable service public communal ou intercommunal du vélo, avec une tarification attractive et progressive pour le prêt et l’entretien de vélos publics.
  • Développer le stationnement sécurisé pour vélos (boxs, abris-vélos, arceaux) sur l’ensemble de l’espace public et notamment à proximité des écoles, services publics, commerces.
  • Proposer à chaque collégien·ne et lycéen·ne de la commune la mise à disposition d’un vélo.

Contre les pollutions lumineuses et sonores

  • Bannir la publicité non locale et les écrans publicitaires de l’espace public.
  • En finir avec la publicité dans l’espace public en ne renouvelant pas les contrats avec les afficheurs privés, et de laisser des espaces d’affichages libres ou les remplacer par des espaces végétalisés
  • Lutter contre la pollution lumineuse : extinction hors temps d’activité – sauf cas exceptionnel – des éclairages des boutiques, magasins, bureaux, etc. ; éclairages à la demande et à détection de mouvement.
  • Refuser l’agrandissement de l’aéroport de Lille-Lesquin.
  • Relayer, au sein de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires, les solutions demandées par les collectifs de citoyen·nes affecté·es par les nuisances sonores liées au trafic aérien.
  • Conduire une mobilisation avec les bailleurs sociaux pour financer et engager un plan d’isolation phonique du parc HLM.

Végétalisation

  • Adopter un plan pluriannuel de végétalisation de l’espace public fixant un objectif de développement des des espaces de nature en ville, des îlots de fraîcheur végétaux, de renaturation et d’occupation végétale du sol en début de mandat.
  • Replanter des arbres fruitiers en milieu urbain en mélangeant les espèces régionales et les espèces adaptées à l’évolution prévisible du climat sur 30 ans.
  • Poursuivre l’effort de végétalisation des cours d’écoles.

Lutter contre les pesticides

  • Développer les ordonnances vertes afin de protéger les futures mamans et leurs bébés des perturbateurs endocriniens.
  • Sortir de l’usage des produits chimiques (toxiques, perturbateurs endocriniens) dans les crèches, écoles, maisons de retraite, bâtiments municipaux et intercommunaux.
  • Accompagner les habitant·es pour garantir l’application du « zéro phyto » partout (jardins partagés, journée d’éducation populaire avec les agent·es municipaux…).
  • Prendre des arrêtés d’interdiction d’épandage des pesticides à proximité des habitations en coordination avec tous les maires qui prennent des mesures semblables pour mener la bataille juridique afin de faire reconnaître le droit à protéger les habitant·es.

Alimentation

  • Maximiser la part de produits de saison et locaux dans la restauration collective pour atteindre dès que possible 100 % de produits bio ou durables et locaux.
  • Intégrer le critère de bien-être animal pour la cantine scolaire, et proposer a minima une alternative végétarienne et vegan.
  • Prioriser l’agriculture biologique et locale dans la commande publique, outil de transition vers l’agriculture écologique.
  • Ouvrir des jardins potagers biologiques cultivés par les élèves dans les écoles.
  • Promouvoir la permaculture par des actions d’éducation populaire, associant jardins partagés, écoles, EHPAD.
  • Mettre en œuvre des projets alimentaires territoriaux pour favoriser la production et la consommation de produits locaux et de qualité, en associant agriculteur·rices, communes rurales et urbaines, organismes de recherche, acteur·rices de l’ESS, associations, etc.
  • Promouvoir la création de « fermes urbaines » dans les agglomérations densifiées.
  • Soutenir les expérimentations de sécurité sociale de l’alimentation.

Condition animale

  • Attribuer une délégation relative à la condition animale à un·e membre du conseil municipal.
  • Aménager des espaces refuges pour les animaux sauvages et maintenir des friches en particulier pour les pollinisateurs sauvages
  • Favoriser l’implantation de centres de soins vétérinaires publics et à prix accessibles pour les animaux domestiques ou sauvages.
  • Accompagner et organiser la stérilisation des chats errants par la municipalité via la signature d’une convention avec une ou plusieurs associations pour la capture, la stérilisation et l’identification des chats des rues jusqu’à leur remise en liberté.
  • Favoriser l’adoption des animaux recueillis. 
  • Lutter contre la prolifération des animaux liminaires en privilégiant les solutions non cruelles quand elles existent (ultrasons, stérilisations, pigeonniers contraceptifs…)
  • Développer les caniparcs.